Tina, brûlée vive par un voisin à Vire : un procès très attendu à Caen, ce lundi 23 février

Le samedi 21 février 2026 à 16:22

À Vire, Tina brûlée vive sur son balcon : un voisin est jugé ce lundi 23 février devant le tribunal judiciaire de Caen (Calvados). L’association Stéphane Lamart dénonce « un acte d’une sauvagerie absolue »

À Vire, Tina, une chienne croisée dogue argentin, a succombé à des brûlures généralisées après qu’un voisin a projeté un liquide inflammable sur le balcon où elle se trouvait, début juillet 2025. L’homme affirmait être excédé par des aboiements, mais selon les propriétaires, il provoquait lui-même les chiens depuis son balcon, rue des Teintures, une voie excentrée du bourg.

Les semaines précédant le drame avaient été marquées par une escalade inquiétante. L’homme envoyait à ses enfants des SMS sans équivoque, demandant qu’on « le couvre » sur de prétendues nuisances et affirmant vouloir « les brûler » et « les ébouillanter ». Sa fille alerte la gendarmerie. Une seconde fois, un de ses enfants signale qu’il vient d’acheter des produits inflammables.

Un passage à l’acte redouté

Début juillet, l’homme passe à l’acte : il projette un liquide inflammable, vraisemblablement de l’alcool à brûler. Le balcon voisin s’embrase. Tina, prise dans les flammes, est grièvement brûlée. Les pompiers empêchent la propagation de l’incendie dans l’immeuble.

Transportée en clinique vétérinaire le 8 juillet, la chienne souffre de brûlures du troisième degré sur tout le corps et d’une dégradation rapide. Elle est euthanasiée le lendemain pour abréger des souffrances jugées extrêmes.

Le voisin est placé en garde à vue avant d’être présenté au tribunal judiciaire de Caen. Une expertise psychiatrique est ordonnée. Il sera jugé le 23 février 2026 pour sévices graves et actes de cruauté envers un animal, passibles de cinq ans de prison et 75 000 € d’amende.

« Un acte prémédité, d’une sauvagerie absolue »

L'Association Stéphane Lamart, à l’origine du signalement et partie civile, dénonce un dossier exemplaire par sa gravité. L’association affirme : « Nous sommes face à un acte d’une sauvagerie absolue, annoncé à l’avance et exécuté avec une volonté manifeste de nuire. »
Elle rappelle : « Ce n’est pas un simple conflit de voisinage. Il a menacé, prémédité, acheté des produits inflammables et brûlé un animal vivant. L’incendie aurait pu tuer des habitants. »

L’association demande 10 000 € de dommages et intérêts, 2 500 € de frais, une interdiction définitive de détenir ou de travailler avec des animaux et une peine ferme.


NOTE – Ce que dit la loi

Depuis 2021, les sévices graves et actes de cruauté envers un animal domestique sont punis de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Le tribunal peut également prononcer une interdiction définitive de détention ou d’exercice professionnel au contact d’animaux.
En cas de mise en danger d’autrui, des peines complémentaires peuvent s’ajouter.

Un procès qui interroge la capacité à prévenir l’irréparable

Pour Stéphane Lamart, la question dépasse la seule disparition tragique de Tina : « Tout était annoncé. Les intentions étaient écrites noir sur blanc. Les achats étaient connus. Le danger pour l’immeuble était évident. Notre société ne peut pas fermer les yeux sur de telles alertes. »

L’audience prévue ce lundi 23 février 2026 sera scrutée de près. Elle devra répondre à une question essentielle : que faire quand les signaux d’alerte se multiplient et qu’un passage à l’acte, pourtant annoncé, n’a pas été empêché ?