La CGT du Groupe Renault dénonce un projet de fabrication de drones militaires

Le mardi 20 janvier 2026 à 19:03

Le syndicat s’oppose fermement à un partenariat envisagé entre Renault et le ministère des Armées, craignant une dérive militaro-industrielle du constructeur automobile. Deux sites sont avancés, non confirmés par Renault, seraient ceux de Cléon (Seine-Maritime) et du Mans (Sarthe).

La CGT du Groupe Renault monte au créneau après les informations parues lundi 19 janvier évoquant un projet de partenariat autour de la fabrication de drones à usage militaire. A ce propos, un contrat serait déjà signé entre le constructeur automobile et la Direction générale de l'armement (DGA). Le syndicat rappelle qu’il avait déjà exprimé, dès septembre 2025, son inquiétude à la suite d’une communication interne du constructeur.

Pour la CGT, la ligne rouge reste la même : Renault ne doit en aucun cas devenir un acteur de l’industrie d’armement. Le syndicat affirme refuser « tout moyen industriel susceptible d’être utilisé directement ou indirectement à des fins militaires », estimant que la vocation du constructeur reste la production de véhicules pour la population.

Des garanties réclamées pour les salariés

Dans un communiqué publié ce mardi, le syndicat demande que les personnels refusant de travailler sur d’éventuels matériels militaires puissent être réaffectés sans impact sur leur emploi, leur carrière ou leurs conditions de travail. Il s’inquiète aussi du risque de voir ce projet compenser un manque d’activité sur certains sites fragilisés, notamment au Mans ou à Cléon, déjà touchés par des délocalisations et une baisse de l’ingénierie en France.

La CGT rappelle par ailleurs qu’à peine 10 % des véhicules vendus par Renault sur le marché français sont aujourd’hui produits dans l’Hexagone. Pour le syndicat, il serait « inacceptable » que la défense serve d’amortisseur aux choix industriels du groupe.

En conclusion, la CGT appelle la direction à la « plus grande transparence » et réaffirme son refus de voir l’automobile mise « au service de la guerre ». Le syndicat défend une industrie tournée vers les besoins sociaux de mobilité et un « développement humain durable »